L'étiquetage des produits chimiques dangereux à usage ménager Phase qualitative

T. Racaud

Sourcing Crédoc N°Sou1993-799

Résumé

1. Perception du danger

-> Les produits domestiques dangereux sont spontanément associés aux produits chimiques dangereux, et d'abord aux produits d'entretien.

A noter toutefois le statut particulier de l'eau de Javel, considérée comme dangereuse, mais faisant l’objet d’un rapport affectif de la part d’une majorité d’utilisatrices.

Paradoxalement, beaucoup de récits d'accidents concernent l’ingestion involontaire d’eau de Javel

Le danger se perçoit d'abord comme une atteinte potentielle à l’intégrité de l'organisme :

- ingestion;

- inhalation;

- contact avec la peau.

Les enfants constituent la cible prioritaire du danger.

Les adultes se considèrent moins menacés car plus responsables.

Le repérage du danger se fait avant tout sur un critère olfactif.

L’utilisateur est alerté lorsque le produit dégage une forte odeur.

Viennent ensuite :

- la présence d’un étiquetage spécifique;

- le mode d’action du produit (corrosion, destruction ...);

- la présence d’un bouchon de sécurité;

- l’expérience personnelle.

L’étiquetage des produits dangereux / Phase qualitative

En matière de précautions à prendre, la culture des consommateurs s’appuie surtout sur le "bon sens" et les conseils de prudence les plus répandus.

- Tenir hors de portée des enfants.

- Ne pas approcher d'une source de chaleur.

- Ne pas avaler, ne pas respirer ...

Prédominance des préoccupations concernant le stockage et, dans une moindre mesure, l'utilisation; peu de citations concernant l'achat.

2. Lecture et compréhension de l'étiquetage produits dangereux

* Iecture

Les mentions légales ne sont presque jamais lues.

- Pas de lecture à l'achat.

- A l'utilisation, lecture dans de rares cas (première utilisation du produit, produits ayant une fréquence réduite d'utilisation).

-> Des freins psychologiques.

L'utilisateur présuppose que son expérience lui confère une connaissance implicite des produits.

-> Des obstacles matériels.

- Emplacement défavorable sur le conditionnement.

- Présentation graphique défectueuse.

- Surabondance d'informations sur l'emballage.

L'étiquetage des produits dangereux / Phase qualitative

* Compréhension

Le dispositif ne semble pas fonctionner de manière satisfaisante.

Les pictogrammes sont trop nombreux et souvent difficilement interprétables.

- Les symboles tête de mort et flamme sont les seuls à être à la fois connus, compris et évocateurs.

- La croix de Saint André a une forte notoriété mais est dépourvue de pouvoir évocateur et n'est pas comprise.

- Les symboles : corrosif, explosif, comburant ne sont pas compris ni connus et n'ont aucun impact.

- La couleur orange n’est pas évocatrice de la notion de danger.

-> Les indications de danger ne sont pas compréhensibles.

- Elles utilisent des terminologies inaccessibles à l'utilisateur moyen.

- Elles sont très mal différenciées.

- Elles proposent des distinguos excessivement subtils.

-> Les phrases de risques s’avèrent très peu opératoires, pour des raisons similaires aux indications de danger.

- Problèmes de compréhension du vocabulaire.

- Trop forte segmentation des risques.

- Information de second rang : la nature du risque est le plus souvent indifférente à l'utilisateur, qui désire surtout savoir ce qu'il faut faire ou ne pas faire.

L'étiquetage des produits dangereux / Phase qualitative

-> Mieux compris que les phrases de risques, les conseils de prudence constituent, avec le pictogramme, le coeur du dispositif.

Des difficultés subsistent néanmoins :

- les recommandations sont insuffisamment précises dans leur formulation;

- un certain nombre de termes s'avèrent incompréhensibles;

- il y a fréquemment incompatibilité entre les comportements conseillés et les contraintes matérielles.

3. Les comportements

-> A l'achat, le consommateur le consommateur ne prend en compte que les critères d'efficacité et d'adéquation au besoin.

Un produit est dangereux parce qu'il est efficace et non l'inverse —> non prise en compte à l'achat du caractère dangereux ou non du produit.

La stratégie de stockage repose sur un principe essentiel : rangement à proximité d'utilisation.

Ensuite sont intégrées les contraintes d'ordre matériel.

Les règles de prudence n'interviennent qu'après, à condition qu’il y ait des enfants au foyer.

-> A l'utilisation, le danger est minoré à partir du moment où l'utilisateur estime n'exposer que lui-même.

Les comportements de prudence sont supplantés par les impératifs de rapidité et d’efficacité. Il n'est véritablement tenu compte que du mode d'emploi du produit.

L'étiquetage des produits dangereux / Phase qualitative

Les emballages vides ne font l’objet d’aucune précaution particulière et sont traités de façon identiques aux ordures ménagères ”classiques”.

Les raisons :

- il n'y a pas d'information dans ce domaine;

- il n'existe pas d'infrastructures de récupération;

- il n'y a pas chez les consommateurs de motivation suffisante à cet égard.


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