Les représentations sociales de l'accompagnement de la fin de vie

A. Sitbon - B. Maresca

Cahier de recherche N°C200

Résumé

Les conceptions du mourir et des liens à développer avec le malade en phase terminal s'avèrent plurielles, en prise avec des conceptions variables de la mort idéalisée. Lorsque les biens portants s'expriment sur la façon de prendre soin des mourants, ils mobilisent à la fois des intentions altruistes et individualistes. Le plus souvent il s'agit d'éviter les souffrances physiques et psychiques, mais l'entourage des personnes en fin de vie cherche aussi à se protéger de cette phase de difficultés paroxystiques que constituent les derniers instants des malades. Les représentations à l'égard de l'accompagnement de fin de vie s'orientent donc autour de mouvements contradictoires de recherche de bien-être pour soi et pour le mourant.

Dans ce cadre, les soins palliatifs, en tant que réponse du système de soins pour gérer les malades incurables, structurent les représentations des professionnels de santé non- spécialistes des questions de fin de vie. Néanmoins, la démarche palliative ne fait pas l'unanimité. Les professionnels de santé disposent de moyens limités pour en appliquer les principes et semblent variablement motivés pour prendre en charge les fins de vie difficiles. Désarmés face à ces situations, les médecins et soignants n'envisagent en revanche jamais l'euthanasie comme première intention, au contraire des profanes. Ces derniers, en raison de leur connaissance limitée des soins palliatifs, mais aussi de leur expérience de la maladie en phase terminale, doutent des capacités de cette forme de prise en charge pour faire face à la déchéance et aux souffrances physiques et morales.


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