Résumé
Cette revue de littérature dresse un état des connaissances internationales sur les comportements des ménages après l’installation de photovoltaïque résidentiel. Elle examine la diversité des trajectoires observées, les liens entre autoconsommation et évolution des usages de l’électricité, ainsi que les facteurs susceptibles d’influencer ces pratiques.
La revue des travaux internationaux disponibles met en évidence une forte hétérogénéité des trajectoires comportementales observées après l’installation de photovoltaïque résidentiel. Aucun effet uniforme n’apparaît sur la consommation électrique des ménages : selon les études, celle-ci diminue, augmente ou reste stable. Cette diversité ne s’explique pas uniquement par les caractéristiques des ménages, mais également par la variété des contextes dans lesquels s’inscrivent les dispositifs d’autoconsommation — cadres réglementaires et tarifaires, cultures énergétiques nationales, conditions climatiques — ainsi que par les choix méthodologiques opérés dans les travaux existants (données déclaratives ou mesurées, indicateurs mobilisés, contrôle des variables socio-démographiques, groupes de comparaison).
La synthèse des études analysées fait également apparaître un écart entre perceptions, intentions déclarées et comportements observés. Si les autoconsommateurs expriment généralement une conscience énergétique accrue et des intentions pro-environnementales renforcées, celles-ci ne se traduisent pas systématiquement par des changements mesurables dans les pratiques effectives. Les routines quotidiennes, la présence au domicile en journée et la flexibilité différenciée des usages constituent des contraintes majeures au pilotage de la demande, tandis que les dispositifs de suivi et d’automatisation restent souvent sous-utilisés.
Enfin, l’examen des trajectoires post-installation décrites dans la littérature montre que l’adoption du photovoltaïque s’inscrit fréquemment dans des dynamiques de co-adoption technologique (véhicules électriques, pompes à chaleur, batteries), qui modifient les profils de consommation. Ces évolutions relèvent à la fois de processus d’électrification des usages et d’intensification de la consommation.
L’ensemble des travaux souligne enfin le rôle structurant des cadres institutionnels, économiques et symboliques dans l’orientation des comportements post-installation.
