Résumé
Ce document présente les résultats de l'édition 2026 du Baromètre du numérique conduit à la demande de l’Arcep, de l’Arcom, du CGE et de l’ANCT.
Les résultats du Baromètre du numérique s’appuient sur une enquête menée auprès de 4 145 personnes, grâce à différents échantillons et modes de recueil qui ont été assemblés afin de fournir une représentation de la société française de 12 ans et plus. Le présent document en tire les principaux enseignements sur les thématiques suivantes :
· L’intelligence artificielle et son déploiement, dans la sphère privée comme professionnelle et pour un ensemble d’usages ;
· Les modes de connexion de la population ;
· Les réseaux sociaux, s’agissant des usages, de l’exposition à des contenus problématiques, de la connaissance des conditions générales d’utilisation et des dispositifs de signalement ;
· Les pratiques numériques environnementales, notamment en lien avec la réparation des objets et la connaissance du bonus réparation ;
· Les équipements (téléphones, ordinateurs) et usages (achats, e-administration, recherche d’emploi, jeux en ligne) fortement répandus et ayant atteint des paliers hauts, en particulier l’équipement en smartphone et les usages et préférences en termes de messagerie instantanée ;
· Les enjeux d’inclusion numérique, de manière générale et appliquée aux démarches administratives en ligne.
Tour d'horizon des grands enseignements de cette édition
L’édition 2026 du Baromètre du numérique dévoile une société désormais largement équipée et connectée, mais dont les dynamiques varient encore au gré des usages, générations et positions sociales. Un premier enseignement majeur tient à la diffusion extrêmement rapide de l’intelligence artificielle générative. Près d’une personne sur deux (48%) déclare aujourd’hui y avoir recours. Au cours des vingt-cinq années d'existence de ce baromètre, jamais une technologie numérique n'avait été adoptée aussi vite.
Trajectoires de diffusion des grandes innovations numériques
- Champ : ensemble de la population de 12 ans et plus, en % - effectif total pondéré 2025 n : 4 145 –

Source : CRÉDOC, Baromètre du numérique
La pratique de l'IA est d'abord une pratique personnelle (42% de la population). Elle est néanmoins encouragée par la sphère professionnelle et est parfois intégrée à des plateformes utilisées. Les usages se concentre vers une poignée d'IA génératives (dont ChatGPT arrive en tête, suivie de Gemini) et vers la recherche d'informations (73%). L'adoption de l'IA générative, bien que prompte, demeure socialement marquée : les publics technophiles habituels (les jeunes, les diplômés du supérieur et les cadres) en sont les plus utilisateurs, ceux plus âgés et moins diplômés restant en retrait. Les personnes n'utilisant pas l'IA générative évoquent avant tout un manque de compétences, des habitudes d’usage bien ancrées autour des moteurs de recherche. Une attitude précautionneuse et des inquiétudes sociétales et environnementales sur les conséquences de l'Ia générative prévalent en outre plus généralement dans l'ensemble de la population. Un deuxième enseignement de cette édition est la poursuite de la fréquentation massive des réseaux sociaux et plateformes vidéo. Près de la moitié des internautes les consultent quotidiennement. Cette intensité d’usage s’accompagne d’une exposition élevée à des contenus problématiques, qu’il s’agisse de fausses informations, de contenus violents ou haineux : 64% des utilisateurs déclarent y être souvent ou temps en temps confrontés. Et cette proposition atteint 92% des 18-24 ans.
Taux d’exposition à des contenus inappropriés ou inadaptés sur les réseaux sociaux et plateformes de partage de vidéo chez les jeunes adultes
- Champ : Ensemble de la population française de 12 ans et plus qui consulte les réseaux sociaux ou les plateformes de partage de vidéos, sauf les éloignés du numérique, en % - effectif total pondéré n : 3 350 -

Source : CRÉDOC, Baromètre du numérique
Si une part importante de la population déclare mobiliser des moyens de protection (blocage de comptes, désactivation de la géolocalisation, paramétrage de la confidentialité), le signalement des contenus reste freiné par un sentiment d’inefficacité, un manque d’information sur les suites données et une compréhension encore imparfaite des règles et des algorithmes qui structurent les plateformes.
Un troisième enseignement du baromètre réside dans la confirmation de la montée en puissance de la connectivité, tant fixe que mobile. Huit abonnés à internet fixe sur dix disposent désormais d’une connexion par fibre ou câble, et près de six personnes sur dix possèdent un smartphone compatible avec la 5G. Dans le même temps, les volumes de données mobiles inclus dans les forfaits continuent d’augmenter, sans être toujours pleinement utilisés. Les objets connectés poursuivent leur diffusion, notamment dans les domaines de la santé, de la sécurité et de la domotique, même si leur présence reste inégale selon les catégories sociodémograhiques, portée par les plus jeunes, les plus diplômés et les plus aisés.
Taux de connexion par fibre ou câble
- Champ : Ensemble de la population française de 12 ans et plus, disposant d’une une connexion fixe à internet à domicile en %
effectif total pondéré en 2025 n : 3 569 -

Source : CRÉDOC, Baromètre du numérique
Un quatrième enseignement concerne les pratiques numériques environnementales. L’édition 2026 montre que les arbitrages sont avant tout guidés par des considérations économiques. La possession d’équipements d’occasion est stable, mais le nombre total d’équipements numériques détenus bondit. Dans le même ordre d'idées, la réparation progresse, mais principalement lorsque le coût ou l’impact environnemental est perçu comme significatif. Et le bonus réparation, bien que relativement connu, reste encore peu mobilisé.
Moyenne des équipements possédés par les foyers
disposant d’une connexion à internet fixe, de 2022 à 2025
- Champ : ensemble de la population de 12 ans et plus disposant d’une connexion fixe à internet à domicile, en nombre d’équipements - effectif total pondéré n : 3 256 –

Source : CRÉDOC, Baromètre du numérique
Le rapport souligne par ailleurs que le numérique est entré dans une phase de maturité : l’immense majorité de la population est désormais internaute, les équipements emblématiques comme le smartphone sont quasi universels, et les grands usages (commerce en ligne, e-administration, messageries instantanées, jeux en ligne) ont atteint des niveaux élevés et stables. Au rang des usages mobiles, l'usage de messageries instantanées et même de plusieurs messageries instantanées, est particulièrement développé au sein de la population : 86% de la population y a recours pour échanger des messages textes et 80% pour téléphoner.
Utilisation quotidienne et globale du téléphone mobile selon différents types d’usages
- Champ : Ensemble de la population française de 12 ans et plus, en % - effectif total pondéré 2025 n : 4 145 -

Source : CRÉDOC, Baromètre du numérique
Un autre enseignement du rapport est celui de la persistance des enjeux d’inclusion numérique, y compris dans cette société fortement numérisée. Quatre Français sur dix déclarent encore rencontrer des freins dans leurs usages, liés en premier lieu à un sentiment de manque de maîtrise des outils, particulièrement marqué parmi les moins diplômés. Le numérique et son impact sur la vie quotidienne reste en effet perçu différemment selon le contexte socioculturel : une partie de la population exprime le souhait de pouvoir choisir de recourir ou non au numérique, tandis qu’une autre aspire avant tout à une navigation plus sécurisée.
Dans ce contexte, les pratiques d’aidance numérique occupent une place centrale. Près de six Français sur dix ont déjà aidé un proche dans ses usages numériques.
Catégories de la population apportant plus souvent une aide au numérique
- Champ : ensemble de la population de 12 ans et plus, en % - effectif total pondéré 2025 n : 4 145 –

Source : CRÉDOC, Baromètre du numérique
Cette aide intervient également en matière de démarches administratives en ligne. Un Français sur deux a déjà aidé un membre de sa famille à les réaliser. En cas de difficultés avec l'e-administration, l'accompagnement humain est plébiscité par la population, les chatbots peinant encore à convaincre.
Pour retrouver l'ensemble des résultats du rapport, nous vous invitons à le télécharger sur cette page ou à consulter les bases de données accessibles en open data sur data.gouv.fr
